Comment & pourquoi j’ai décidé de cultiver des cépages anciens.

COHXXQ257 LV DOMAINE YVES LECCIA

 

Vous le savez sûrement déjà, je suis profondément attaché à mon patrimoine ; j’essaye chaque jour de le préserver et de le faire vivre dans le temps. C’est certainement sur un fond de nostalgie que j’ai fait il y a quelques années, le choix, un peu audacieux, certes, de diversifier la production du domaine en réintroduisant des cépages anciens.

En 2006, je plante le cépage blanc endémique Biancu Gentile ; une initiative qui, je dois le dire, a été encouragée par les résultats prometteurs du Centre de Recherche Viticole Corse qui avait testé le cépage autochtone sur de petites parcelles. Clairement engagé dans la préservation de mon terroir, je ne m’arrête pas en ci bon chemin. Je m’attelle aux cépages rouges en plantant Minustellu et Sciaccarellu, qui sont des cépages que mes aïeux, notamment mon père, cultivaient. Aujourd’hui j’estime qu’ils participent pleinement au patrimoine ampélographique qui fait toute la richesse et l’identité de notre belle Corse. Ces cépages apportent un supplément d’âme à mes vins.

On me demande souvent pourquoi j’ai fait ces choix. La réponse est vraiment simple : j’ai (re)planté ces cépages pour diversifier qualitativement l’encépagement existant, augmenter la typicité et apporter de la complexité tout en améliorant la qualité de la production. Parmi les nombreux « tests » que nous avons faits depuis les années 1990 au domaine, je n’ai conservé que le Biancu Gentile avec lequel nous avons créé une cuvée à part entière qui a aujourd’hui toute sa place à la carte des meilleurs restaurants. J’ai aussi décidé de continuer mon travail sur le Minustellu avec comme objectif d’améliorer l’assemblage de mes rouges. Cuvée à venir sur le millésime 2015…

La réintroduction de tels cépages demande une adaptation de mon travail dans les vignes, car ces plants avaient été abandonnés plus ou moins à cause de leur sensibilité à certaines maladies et la faiblesse de leurs rendements. Aujourd’hui, avec des techniques plus précises, on peut cultiver ces cépages d’autant plus facilement qu’ils sont déjà adaptés au climat local et que nous ne recherchons plus les rendements élevés, au contraire !
Voilà vous savez tout sur cette belle aventure ! Si vous voulez avoir le goût de la Corse en bouche, je vous invite à découvrir notre cuvée L’Altru Biancu, et, dans quelques mois seulement, notre toute nouvelle cuvée en rouge…
Un peu de patience…


A salute !
Yves.